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Une journée d’essai peu convaincante

Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule et le hasard fait parfois bien les choses. C’est pourquoi le samedi où j’ai été voir le van et où j’ai reçu une réponse positive de la part de Christophe suite à mon offre, j’ai aussi obtenu un entretien pour un travail. Il s’agissait d’un poste dans une écurie pour lequel j’avais répondu à une annonce sur Gumtree. Quoi de mieux en effet, pour une passionnée de chevaux comme moi, que de trouver une place dans ce milieu ? Certes le travail en soi n’était pas idéal puisqu’il ne permettait pas de monter à cheval mais ça pouvait toujours permettre de mettre un peu d’argent de côté pendant quelques semaines tout en faisant quelque chose qui me plait. Le rendez-vous pour l’entretien a été fixé au lendemain, dimanche. Oui, parce que dans le milieu du cheval, le jour du Seigneur n’est en aucun cas un jour de repos, bien au contraire !

Essai aux écuries

Il était convenu que Faye et sa mère viennent me chercher à la gare de Lilydale à 15h. S’il y a une chose que je déteste, c’est être en retard pour les rendez-vous importants. Celui-ci en était un, j’ai donc pris la peine de me renseigner la veille sur les lignes de train et sur les horaires de départ. Pas de chance, journée de travaux oblige, le voyage qui aurait dû durer 45 minutes a été un long parcours du combattant où se sont enchainés pendant deux heures les bus et les trains. Tout est bien qui finit bien, je suis tout de même arrivée à bon port. Le problème suivant était de retrouver Faye et sa mère, sans avoir la moindre idée de ce à quoi elles ressemblaient. Problème vite résolu lorsque j’ai vu débarquer un 4×4 avec le nom des écuries imprimé sur la vitre arrière. Une fois bien ficelées dans la voiture, nous voilà parties en direction du McDonald’s. Peu commun comme lieu d’entretien, je vous l’accorde. Arrivées là-bas, on s’installe et pendant que la fille commande ses frites, la mère me demande de parler de moi, de mon expérience, etc. Bref, des questions bateau avec des réponses tout aussi bateau ! Revient ensuite la fille, qui me repose les mêmes questions, puis débarque la chef d’écurie, à qui je dois encore une fois déblatérer mon discours. Merci les filles, on aurait pu faire ça en une fois et ça m’aurait sauver un peu de salive, mais il faut voir le bon côté des choses, c’est une bonne occasion de pratiquer mon anglais. Pour elles, je suis du pain béni ! Cet élan d’enthousiasme me parait un peu exagéré mais tant mieux ! C’est que jusque-là, m’expliquent-elles, elles n’ont eu à faire qu’à des backpackers à la recherche d’argent  et certes volontaires, mais qui n’y connaissaient rien aux chevaux et il est vrai que ce n’est pas très pratique. Tout ce petit monde est bien sympathique mais je déchante un peu en les entendant me dire qu’elles ont besoin de quelqu’un qui reste jusqu’à mi-août. Pour pouvoir renouveler son visa, il faut avoir occupé certains types de postes (dans les fermes, l’élevage, les mines, etc) durant trois mois et dans des régions un peu reculées des grandes villes. Si un poste dans des écuries compte pour le renouvellement du visa, celle-ci est trop proche de Melbourne pour que les jours travaillés soient pris en compte. Rester dans cette écurie pendant trois mois sans que cela ne serve à renouveler mon visa et en touchant seulement 200 dollars par semaine, voilà un tableau qui ne m’enchante que moyennement. J’essaie de positiver en me disant que ce serait une belle expérience que de vivre avec ces Australiennes pendant un temps et j’accepte une journée d’essai le mercredi suivant. Après tout, ça n’engage à rien et ce sera l’occasion de parcourir quelques kilomètres avec le van.

Le mardi soir, j’ai donc pris la route pour les écuries et je suis arrivée dans le noir le plus total, dans cet endroit bien reculé de la vie citadine à laquelle je m’étais habituée. La grille est fermée mais Faye ne répond pas au téléphone. Après quelques minutes j’ose entrer et m’avance sur le chemin. Je n’y vois absolument rien en dehors de ce que les phares du van me donnent à voir et je ne sais pas où me diriger pour trouver un signe de vie. Finalement la mère de Faye est arrivée et m’a guidée jusqu’à la maison. J’ai passé la soirée avec cette joyeuse bande de cavalières et je suis allée me coucher dans mon van. Au petit matin, je me réveille face à de grands prés verdoyants, plein de chevaux. Et de vaches ! Il me semblait bien que ce n’était pas des hennissements que j’avais entendus pendant la nuit, me voilà rassurée sur mon état de santé mentale. J’ai retrouvé Danny, la chef d’écurie, pour commencer cette journée d’essai. Tous les chevaux vivent au pré, sauf deux, voilà qui ne fait pas beaucoup de boxes à faire, c’est une bonne nouvelle ! On entame le nettoyage des boxes et lorsque nous avons fini, Danny me tend un râteau pour bien gratter le fond. Un râteau ! Mais pas le genre de râteaux que l’on trouve dans une écurie. Non, c’est un râteau comme celui que vous utilisiez sur la plage pour faire des châteaux de sable… à six ans. Me voilà donc amusée, jusqu’à ce que j’ai passé quinze minutes le dos courbé à gratter le sol avec mon nouveau joujou. Est ensuite venu le temps de nourrir les chevaux. Les seaux sont près, il n’y a plus qu’à les charger sur la petite remorque attachée derrière le quad et c’est parti. Ce fut long… Très long ! Pour chaque cheval, il faut enlever une ou deux couvertures pour en remettre une ou deux autres, en fonction de la météo. J’ai vite compris que j’allais passer ma journée à nourrir, couvrir et découvrir des chevaux et la perspective de faire ça pendant trois mois pour des clopinettes et sans que ça ne serve à renouveler mon visa me persuade que non, ce n’est pas pour moi ! Il devait être midi, nous n’avions toujours pas fini de nourrir les chevaux et je savais déjà que je ne resterais pas. L’après-midi, le râteau a fait son grand retour pour le nettoyage des prés. Il s’agit juste d’enlever les crottins, drôle de concept quand on sait que cela fait pourtant du bon engrais. Bref, me revoilà à jouer du râteau par terre, histoire de raviver les problèmes de dos que ma kiné avait patiemment mis deux mois à faire passer. Une fois le nettoyage terminé, c’est reparti pour la tournée de nourriture et pour le festival de couvertures. Bilan de la journée : il fait nuit noire depuis une bonne heure déjà quand nous avons terminé, mes bottes ont tellement pris l’humidité qu’elles sont trouées, les douleurs dans le dos sont difficilement supportables et pour la première fois de ma vie, je me suis ennuyée dans une écurie. Ma décision est donc sans appel : sauve qui peut ! J’ai annoncé cela à Faye, avec diplomatie évidemment. Je suis tout de même invitée à passer la nuit sur place, à prendre une bonne douche chaude et à partager un dernier repas avec la famille, avat de reprendre la route pour de nouvelles aventures !