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Anzac Day

Anzac : il est fort probable que ce mot ne vous soit jamais arrivé aux oreilles. C’est en fait l’acronyme de “Australian and New-Zealand Army Corps”. En Australie comme en Nouvelle-Zélande, le 25 avril est un grand jour de commémoration. A l’origine, il rendait honneur aux soldats australiens et néo-zélandais qui se sont battus en 1915 à Gallipoli, péninsule faisant alors partie de l’Empire ottoman. Aujourd’hui, il n’est plus uniquement question de la première guerre mondiale et chacun vient rendre hommage à ces Aussies et à ces Kiwis qui ont servi la cause de leurs pays lors de différentes guerres et conflits et qui, pour beaucoup, y ont perdu la vie.

Défilé Anzac Day

Hier soir, nous parlions de ce sujet avec Beth, une Anglaise en voyage et accessoirement ma voisine de chambre et nous nous demandions où être et à quelle heure pour ne rien rater des évènements. Nous savions qu’il y avait le “dawn service”, mais l’idée de nous lever aux aurores ne nous a pas vraiment fait fantasmer bien longtemps. Avant d’aller au lit, j’ai pu trouver sur internet l’itinéraire du défilé, mais pas d’heure précise. J’ai donc mis mon réveil à 8 heures, au hasard. De toutes façons, c’est un peu l’année de l’improvisation. A huit heures, le téléphone fait son travail et me crie dans les oreilles qu’il faut se lever. Je n’aime pas trop son ton insolent et lui ferme le clapet pour une petite heure de répit. Puis je me lève, me prépare et passe me prendre un chocolat chaud au Café du coin. Ensuite, je me retrouve avec le même problème que la veille : je vais où et est-ce que je n’ai pas déjà tout raté ? C’est à ce moment-là que me double, tel un bolide, un militaire en uniforme, vraisemblablement de la marine. Bon, un soldat, jour de défilé, où qu’il aille, ça doit être l’endroit où je dois aller aussi. Je lui emboite donc le pas. Je marche plutôt rapidement d’habitude, mais celui-là a les pieds bien dynamiques ! Tout ça me réchauffe, ma veste est de trop mais hors de question de s’arrêter où je vais me faire semer. Mauvaise pioche ! J’ai suivi ce soldat… jusqu’au casino. Il allait simplement rejoindre des gens pour manger un bout. Puisque je suis là, je fais un petit tour et je me remets en route. Je vois alors passer un hélicoptère puis cinq avions en formation. Après tout, il y a l’air d’avoir encore de l’animation, tout n’est pas perdu !

Le Shrine of Remembrance

Le Shrine of Remembrance

En marchant sur les quais, j’aperçois au loin une foule et quelques étendards sur le pont en face de moi. Bingo ! Je rejoins tout ce petit monde et prends place sur le bord de la route pour voir passer tous les militaires. Des jeunes, des vétérans, des soldats étrangers. Il y a beaucoup de monde, aussi bien du côté militaire que du côté spectateur. Autour de moi, des gens viennent voir défiler un membre de la famille. La grand-mère juste à côté prévient donc sa petite-fille que « here comes Daddy » ! Et oui, c’est bien Daddy, assez barbu et pas très concentré à priori, qui défile en faisant de grands gestes à sa fille, qui est visiblement plus intéressée par le chien qui passe que par son papa. Des médailles, ils sont nombreux à en arborer fièrement. Je suis étonnée d’en voir autant et surtout portées par des gens si jeunes. Je comprendrai un peu plus tard ce qu’il en est.

Anzac Day

Une fois le défilé terminé, je quitte mon poste et suis le courant pour rallier le point d’arrivée : le Shrine of Remembrance, cet imposant monument érigé en souvenir des soldats du Victoria tués pendant la guerre 1914-1918. Une cérémonie officielle a alors lieu. Le Gouverneur de l’Etat fait un discours et c’est là que je comprends, moi qui ne connais rien au protocole militaire : toutes ces médailles portées par ces jeunes (et moins jeunes), celles qui sont attachées à droite, ce sont celles des soldats décédés, que leurs familles, leurs descendants gardent et portent fièrement et non sans émotion, en de telles occasions. Une prière est ensuite dite, murmurée par les voix de toutes les personnes qui m’entourent et les hymnes nationaux australiens et néo-zélandais sont joués. Puis il y a eu cet instant de silence. Quel silence ! Nous sommes des milliers à nous tenir sur cette esplanade et à part quelques lointains gazouillements de bébés, pas un bruit. Et ça m’impressionne ! Finalement, la foule s’éparpille et le monument est réouvert au public. j’en profite pour le visiter et pour assister à l’exposition qui se tient  en-dessous jusqu’au 1er mai, sur les bombardiers de la Royal Australian Air Force (RAAF) pendant la deuxième guerre mondiale. En repartant, je les vois : tous ces petits coquelicots que les familles ont coutume de laisser à côté des noms des leurs, sur les plaques commémoratives. L’année prochaine, ce sera le centenaire de l’Anzac Day.