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Une journée d’essai peu convaincante

Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule et le hasard fait parfois bien les choses. C’est pourquoi le samedi où j’ai été voir le van et où j’ai reçu une réponse positive de la part de Christophe suite à mon offre, j’ai aussi obtenu un entretien pour un travail. Il s’agissait d’un poste dans une écurie pour lequel j’avais répondu à une annonce sur Gumtree. Quoi de mieux en effet, pour une passionnée de chevaux comme moi, que de trouver une place dans ce milieu ? Certes le travail en soi n’était pas idéal puisqu’il ne permettait pas de monter à cheval mais ça pouvait toujours permettre de mettre un peu d’argent de côté pendant quelques semaines tout en faisant quelque chose qui me plait. Le rendez-vous pour l’entretien a été fixé au lendemain, dimanche. Oui, parce que dans le milieu du cheval, le jour du Seigneur n’est en aucun cas un jour de repos, bien au contraire !

Essai aux écuries

Il était convenu que Faye et sa mère viennent me chercher à la gare de Lilydale à 15h. S’il y a une chose que je déteste, c’est être en retard pour les rendez-vous importants. Celui-ci en était un, j’ai donc pris la peine de me renseigner la veille sur les lignes de train et sur les horaires de départ. Pas de chance, journée de travaux oblige, le voyage qui aurait dû durer 45 minutes a été un long parcours du combattant où se sont enchainés pendant deux heures les bus et les trains. Tout est bien qui finit bien, je suis tout de même arrivée à bon port. Le problème suivant était de retrouver Faye et sa mère, sans avoir la moindre idée de ce à quoi elles ressemblaient. Problème vite résolu lorsque j’ai vu débarquer un 4×4 avec le nom des écuries imprimé sur la vitre arrière. Une fois bien ficelées dans la voiture, nous voilà parties en direction du McDonald’s. Peu commun comme lieu d’entretien, je vous l’accorde. Arrivées là-bas, on s’installe et pendant que la fille commande ses frites, la mère me demande de parler de moi, de mon expérience, etc. Bref, des questions bateau avec des réponses tout aussi bateau ! Revient ensuite la fille, qui me repose les mêmes questions, puis débarque la chef d’écurie, à qui je dois encore une fois déblatérer mon discours. Merci les filles, on aurait pu faire ça en une fois et ça m’aurait sauver un peu de salive, mais il faut voir le bon côté des choses, c’est une bonne occasion de pratiquer mon anglais. Pour elles, je suis du pain béni ! Cet élan d’enthousiasme me parait un peu exagéré mais tant mieux ! C’est que jusque-là, m’expliquent-elles, elles n’ont eu à faire qu’à des backpackers à la recherche d’argent  et certes volontaires, mais qui n’y connaissaient rien aux chevaux et il est vrai que ce n’est pas très pratique. Tout ce petit monde est bien sympathique mais je déchante un peu en les entendant me dire qu’elles ont besoin de quelqu’un qui reste jusqu’à mi-août. Pour pouvoir renouveler son visa, il faut avoir occupé certains types de postes (dans les fermes, l’élevage, les mines, etc) durant trois mois et dans des régions un peu reculées des grandes villes. Si un poste dans des écuries compte pour le renouvellement du visa, celle-ci est trop proche de Melbourne pour que les jours travaillés soient pris en compte. Rester dans cette écurie pendant trois mois sans que cela ne serve à renouveler mon visa et en touchant seulement 200 dollars par semaine, voilà un tableau qui ne m’enchante que moyennement. J’essaie de positiver en me disant que ce serait une belle expérience que de vivre avec ces Australiennes pendant un temps et j’accepte une journée d’essai le mercredi suivant. Après tout, ça n’engage à rien et ce sera l’occasion de parcourir quelques kilomètres avec le van.

Le mardi soir, j’ai donc pris la route pour les écuries et je suis arrivée dans le noir le plus total, dans cet endroit bien reculé de la vie citadine à laquelle je m’étais habituée. La grille est fermée mais Faye ne répond pas au téléphone. Après quelques minutes j’ose entrer et m’avance sur le chemin. Je n’y vois absolument rien en dehors de ce que les phares du van me donnent à voir et je ne sais pas où me diriger pour trouver un signe de vie. Finalement la mère de Faye est arrivée et m’a guidée jusqu’à la maison. J’ai passé la soirée avec cette joyeuse bande de cavalières et je suis allée me coucher dans mon van. Au petit matin, je me réveille face à de grands prés verdoyants, plein de chevaux. Et de vaches ! Il me semblait bien que ce n’était pas des hennissements que j’avais entendus pendant la nuit, me voilà rassurée sur mon état de santé mentale. J’ai retrouvé Danny, la chef d’écurie, pour commencer cette journée d’essai. Tous les chevaux vivent au pré, sauf deux, voilà qui ne fait pas beaucoup de boxes à faire, c’est une bonne nouvelle ! On entame le nettoyage des boxes et lorsque nous avons fini, Danny me tend un râteau pour bien gratter le fond. Un râteau ! Mais pas le genre de râteaux que l’on trouve dans une écurie. Non, c’est un râteau comme celui que vous utilisiez sur la plage pour faire des châteaux de sable… à six ans. Me voilà donc amusée, jusqu’à ce que j’ai passé quinze minutes le dos courbé à gratter le sol avec mon nouveau joujou. Est ensuite venu le temps de nourrir les chevaux. Les seaux sont près, il n’y a plus qu’à les charger sur la petite remorque attachée derrière le quad et c’est parti. Ce fut long… Très long ! Pour chaque cheval, il faut enlever une ou deux couvertures pour en remettre une ou deux autres, en fonction de la météo. J’ai vite compris que j’allais passer ma journée à nourrir, couvrir et découvrir des chevaux et la perspective de faire ça pendant trois mois pour des clopinettes et sans que ça ne serve à renouveler mon visa me persuade que non, ce n’est pas pour moi ! Il devait être midi, nous n’avions toujours pas fini de nourrir les chevaux et je savais déjà que je ne resterais pas. L’après-midi, le râteau a fait son grand retour pour le nettoyage des prés. Il s’agit juste d’enlever les crottins, drôle de concept quand on sait que cela fait pourtant du bon engrais. Bref, me revoilà à jouer du râteau par terre, histoire de raviver les problèmes de dos que ma kiné avait patiemment mis deux mois à faire passer. Une fois le nettoyage terminé, c’est reparti pour la tournée de nourriture et pour le festival de couvertures. Bilan de la journée : il fait nuit noire depuis une bonne heure déjà quand nous avons terminé, mes bottes ont tellement pris l’humidité qu’elles sont trouées, les douleurs dans le dos sont difficilement supportables et pour la première fois de ma vie, je me suis ennuyée dans une écurie. Ma décision est donc sans appel : sauve qui peut ! J’ai annoncé cela à Faye, avec diplomatie évidemment. Je suis tout de même invitée à passer la nuit sur place, à prendre une bonne douche chaude et à partager un dernier repas avec la famille, avat de reprendre la route pour de nouvelles aventures !

 

L’achat du van

Une maison roulante, c’est tout ce qu’il me manquait pour commencer un road trip en bonne et due forme. C’est chose faite ! Il y a un peu plus de quinze jours que j’ai acheté un van et que je ne le quitte plus !

Gus Gus

Nombreux sont les backpackers à acheter un véhicule pour parcourir le pays sans être dépendants des moyens de transport. Simple voiture, break (ou station wagon comme on les appelle ici), 4×4 ou encore campervan, il y en a pour tous les goûts et pour tous les budgets ! Tout dépend des critères de chacun ! Certains préfèreront le côté économique de la voiture ou du break, qui laissent respirer votre porte-monnaie, aussi bien à l’achat que lors des nombreux pleins qui suivront, d’autres vont opter pour plus de confort en choisissant un van. Les bourlingueurs de première catégorie , quant à eux, pencheront pour un 4×4, histoire de ne rien manquer des contrées les plus éloignées et difficilement accessibles. Quelque soit le véhicule choisi, il aura ses inconvénients et ses avantages.

Lit Gus Gus

En préparant mon voyage, j’avais longtemps hésité entre le station wagon, économique et dans lequel il est possible de dormir, et le van. J’ai finalement opté pour le van, car mon voyage étant sensé durer plusieurs mois, je préférais avoir un minimum de confort et plus d’espace pour ranger mes affaires. Un van consomme beaucoup et ce sont généralement des véhicules assez vieux, affichant déjà au compteur quelques tours du pays. On sait quand on achète un de ces vieux tanks qu’il y aura inévitablement des réparations à faire à un moment donné, on espère juste que notre compagnon ne nous lâchera pas au fin fond du bush australien. C’est le jeu ! Je ne regrette pas mon choix, surtout après avoir observé un couple se débattre avec toutes leurs affaires et leur matériel pendant vingt bonnes minutes pour pouvoir réorganiser le petit espace que leur offrait leur break et pouvoir y installer leur lit.

Acheter ce genre de véhicule est très courant ici. Partout dans les auberges de jeunesse, vous trouverez un panneau d’affichage où les annonces se battent les unes avec les autres pour attirer l’attention de potentiels acheteurs. On peut aussi trouver des annonces sur Gumtree, l’équivalent de leboncoin.fr chez nous, ou sur des groupes Facebook créés par des backpackers pour des backpackers. Le mieux est de voir plusieurs vans, histoire de pouvoir comparer les prix et de trouver celui dont l’aménagement vous plaira le mieux. Comme d’habitude, je donne des conseils mais ne les suis pas, car je n’ai vu qu’un seul van. En vrai, je veux dire, car j’ai évidemment passé les dernières semaines à éplucher toutes les annonces pour voir ce qui me plaisait et ne me plaisait pas. D’ailleurs, j’étais tombée sur le van que j’ai acheté, mais je n’y avais pas prêté attention ! Trop vieux ! Trop de kilomètres ! Au début, je voulais passer par un revendeur qui promettait des garanties, plutôt rassurant quand on n’y connait rien et qu’on a qu’une peur : l’arnaque. Je me suis donc rendu chez Travellers Auto Barn à Melbourne, qui loue et vend des véhicules, mais il s’est avéré qu’aucun de leurs petits vans n’était à vendre et que seuls les gros étaient disponibles. De beaux vans, grands, dans lesquels on peut se tenir debout, équipés jusqu’au bout des roues, avec micro-ondes s’il vous plait, pour la modique somme de 12 000$ ! Tout est dit, je me débrouillerais donc comme tout le monde, en achetant à un particulier.

Intérieur Gus Gus

Je me suis donc décidée un jour à envoyer un message à un vendeur, mais celui-ci venait de partir vers Sydney car il n’arrivait pas à vendre son van à Melbourne. Il m’a tout de même donné le numéro d’un de ses amis, avec qui il avait voyagé, qui vendait également son van. J’ai donc pris contact avec Christophe et on s’est donné rendez-vous le lendemain, samedi, sur un parking. Caroline, une amie rencontrée à Melbourne est venue avec moi, deux avis valant mieux qu’un ! Au premier regard, ce van fait forcément sourire, grâce à sa petite touche personnelle : un gros lapin rose en peluche est attaché à l’avant. Nous avons fait le tour du van, regardé l’intérieur, l’extérieur et discuté avec son propriétaire. Sur le chemin du retour, une chose était sûre, on s’y voyait bien ! Reste toujours l’inconvénient de l’âge et des kilomètres, qui poseront peut-être problème pour la revente à la fin de mon aventure, mais en attendant, le van a l’air d’être en forme et d’avoir été bien entretenu, factures à l’appui. Ce n’est pas vraiment la bonne saison pour revendre un van à Melbourne car c’est l’automne et que tous les backpackers sont partis chasser le soleil plus au nord. Ce sera donc un problème pour moi quand le temps sera venu de revendre le van, mais pour cette fois-ci, ça joue en ma faveur puisque les prix baissent. Mis en vente à 6 900$ au départ, puis baissé à 5 900$ et enfin à 4 900$, j’ai acheté mon nouveau compagnon de route pour 4500$.

Le lundi matin, après ma dernière nuit à l’auberge, je suis allée directement à la banque pour retirer les sous et j’ai retrouvé Christophe dans l’après-midi. Nous avons fait les papiers, il m’a montré tout ce que je devais savoir, puis est venu le temps pour lui de partir vers l’aéroport pour la fin de ce qui a été une grande aventure. Inutile de préciser que comme à chaque fois que je vois un backpacker rentrer chez lui, j’ai un pincement au coeur car j’imagine ce qu’il laisse derrière lui, tout ce qui m’attend en somme et je pense au jour où ce sera mon tour. De la nostalgie avant l’heure, en gros. Après son départ, je me suis donc retrouvée toute seule avec mon nouveau carrosse, à la fois euphorique et pas très à l’aise. Il est de coutume de donner un petit nom à son van. Celui-ci s’est d’abord appelé Lara, nom de la ville où il avait été acheté par son premier backpacker, puis Van Pruneau, en référence à la ville d’origine de Christophe, Agen. Avec moi, ce sera Gus Gus le Manouche (Gus Gus suffira). Pourquoi ? Comme ça, j’avais envie.

Cuisine Gus Gus

Chaque véhicule doit passer par la case « registration« , l’équivalent de la carte grise en France. La « rego », de son petit nom est valable un an, ou par tranches de trois, six ou neuf mois selon les états. Chacun a ses règles. Dans le Victoria par exemple, comme dans la majorité des états d’ailleurs, pour pouvoir renouveler la rego, il faut que le véhicule passe un Road Worthy Certificate, une sorte de contrôle technique qui est valable un mois. Christophe avait fait passer le RWC au van environ dix jours avant l’achat et la rego de Gus Gus est bonne jusqu’à février 2015, je suis donc tranquille jusqu’à l’année prochaine. C’est très pratique car ça évite d’avoir trop de frais d’un coup (achat et registration). Je vous conseille d’acheter un véhicule qui a déjà passé le RWC, ça vous évitera de mauvaises surprises. Un ancien compagnon de chambre avait acheté une voiture à Sydney sans le RWC. Résultat : elle n’a pas passé le contrôle, il a donc acheté une voiture avec laquelle il ne peut pas rouler et qui est encore aujourd’hui garée quelque part à Sydney. L’état du Western Australia est connu pour avoir les regos les plus faciles à renouveler car il ne demande pas ce fameux RWC. Certains cherchent donc des voitures immatriculées dans cet état. Personnellement, je les évitais car le RWC est une sorte de garantie de sécurité, en théorie du moins. Les papiers de vente du véhicule sont en fait un transfert de registration. Il vous suffit une fois les papiers remplis de vous présenter au service concerné (VicRoads dans mon cas) pour effectuer le transfert. Vous y paierez au passage les taxes qui accompagnent l’achat. Celles-ci sont proportionnelles au prix du véhicule, alors évidemment nombreux sont ceux qui se mettent d’accord pour inscrire sur le papier un prix inférieur au prix réel, pour faire quelques économies au passage. C’est mal, mais le backpacker est souvent pauvre. Autre point à savoir, avec la rego, vous bénéficiez automatiquement de l’assurance obligatoire qui vous couvre au cas où vous auriez la malchance (ou la sordide idée) de renverser un piéton et de le blesser. Pour tout ce qui est matériel, vous n’êtes pas obligés de prendre une assurance mais c’est fortement conseillé. Quand on voit toutes les belles voitures qui roulent ici, on imagine le prix à payer en cas de dégâts. je n’ai pas encore fini de m’occuper de cette assurance mais je ferai un point lorsque ce sera fait. Rassurez-vous, le point final de cet interminable article arrive. Cela faisait longtemps que je n’avais pas donné de nouvelles alors je compense en écrivant trop. L’effet Gus Gus, probablement !

 

Un point sur le téléphone

Il y a quelques temps, j’avais écrit un article sur les opérateurs téléphoniques les plus répandus en Australie et j’avais précisé avoir choisi Telstra. Il est donc temps de faire un rapide point à ce sujet, car après avoir utilisé mes 30$ de crédit en trois jours, je m’étais empressée de changer d’opérateur pour prendre quelque chose de plus adapté à mes besoins.

optusSi pour internet, j’ai gardé ma clé 4G Telstra, coté téléphone, je me suis tournée vers Optus et son “Optus Prepaid Social 4G Ready”. Il s’agit d’un système prépayé pour lequel j’ai payé 30$ et qui me donne droit à des sms illimités vers les mobiles australiens, à 250 minutes d’appel au niveau national et à l’étranger (23 pays en réalité, dont la France fait partie), à des appels gratuits vers les mobiles Optus, à un accès illimité aux réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter et à un accès internet de 500MB. Ceci est valable 28 jours et vous pouvez aussi choisir de le prendre à 40$, 50$, 70$ ou 100$, auxquels cas, vous vous en doutez, les temps d’appel et autres services sont plus importants. La couverture réseau est certes moins bonne que celle de Telstra,mais après tout, je pourrai toujours changer à nouveau avant de partir dans des contrées plus lointaines.

Attention, lorsque vous rechargez votre crédit parce que vous n’avez plus d’internet par exemple, les minutes d’appel qu’il vous restait seront perdues. Je parle en connaissance de cause. Mais maintenant que la mémoire me revient, il me semble bien que la vendeuse de chez Optus m’avait dit qu’il était possible de recharger uniquement ce dont on a besoin, comme l’internet par exemple. Et si jamais j’ai rêvé et que ce n’est pas le cas, que vous ne pouvez pas attendre, alors pensez bien à appeler tout votre répertoire avant de recharger, pour ne pas perdre de précieuses minutes de communication.

Les auberges de jeunesse

Partir en voyage pendant un an implique inévitablement quelques séjours dans ces “hostels”. Mon expérience des auberges de jeunesse se limitait jusque-là à celles d’Angleterre, que j’ai fréquentées à plusieurs reprises, mais une chose est sûre : ici, rien à voir !

En Australie, les hostels sont faits pour qu’on puisse y vivre, car nous sommes nombreux à y rester pendant un certain temps. On y trouve donc une cuisine et une salle à manger avec de grands frigos et des placards pour que chacun puisse y laisser sa nourriture et se faire à manger. Vous pouvez y entendre parler anglais avec de nombreux accents différents, signe que ce sont vraiment des lieux regroupant des gens du monde entier. Ceux que l’on retrouve le plus sont les Asiatiques (je ne saurais dire de quels pays exactement), les Anglais, les Allemands et les Français, sans aucun doute.

cuisine-auberge

Je suis toujours dans la même chambre depuis le début et j’espère ne pas avoir à en changer, maintenant que j’y suis installée. Installée c’est un bien grand mot. Les chambres ont des airs de jungle où les vêtements et les serviettes pendent sur les barreaux des lits de manière assez peu ordonnée. Par terre, le sol ressemble à celui de ma chambre en France : tout y est entassé et poussé sur les côtés pour y laisser un espace de circulation jusqu’aux lits du bout. Là-dedans, chacun trouve un petit espace pour y poser sa valise ou son sac à dos et s’organise comme il le peut. L’alcool est interdit dans les chambres, alors forcément, les poubelles sont pleines de bouteilles vides.

Est-ce qu’on y dort bien ? Je ne sais plus de quand date ma dernière nuit où rien n’est venu troubler mon sommeil ! C’est le jeu, le prix est accessible, mais il faut faire avec les nuisances sonores ! La rue, pour commencer, est très bruyante. Ensuite il y a les allées et venues des habitants, la lumière, les lits qui grincent et surtout, les odeurs de pieds, de fenec et les ronfleurs ! Une merveille ! Et pourtant, c’est une vie assez amusante, le tout est de savoir que ce ne sera pas comme ça durant toute l’année. La technique pour survivre, c’est de faire partie des semeurs de trouble. C’est cruel, je sais, mais ça se passe bien mieux les jours où je fais partie des couche-tard et de ceux qui décident de regarder un film à une heure du matin.

chambre-auberge

Vivre dans une auberge de jeunesse, c’est être témoin de moments assez spéciaux. Le débarquement des ronfleurs chinois, l’autre soir, nous a valu une nuit peu reposante. A 19h, les cinq hommes dormaient déjà, ronflant de tout leur coeur. Un d’eux s’est levé plusieurs fois dans la nuit, sans oublier à chaque fois de remettre sa chapka sur la tête, sa veste en cuir et son appareil photo autour du cou. Expédition photographique aux toilettes ou technique anti-vol ? L’histoire ne le dit pas. Une autre nuit, c’est un homme d’une quarantaine d’années qui a débarqué assez tard, vêtu de son costume de travail, tel un pingouin et qui s’est lentement avancé dans le noir, toujours à l’image de cet animal, balançant d’une jambe sur l’autre, couvrant à chaque pas un nombre de centimètres assez limité, pour enfin venir s’échouer sur son lit, tout habillé, les chaussures vernies toujours aux pieds et se mettre à ronfler au point que tous les autres aient soudain des envies de meurtre. Heureusement le Tasmanien qui dormait juste au dessus est venu détendre l’atmosphère en jurant dans son sommeil, nommant je ne sais quelle jeune fille par des petits noms pas très catholiques. Il ne faut pas non plus oublier de parler de ces deux dindes allemandes qui partagent ma chambre depuis bien trop de jours déjà et qui ne font que glousser et parler à haute voix à toute heure du jour ou de la nuit, se moquant bien du dérangement que cela peut causer aux autres habitants. Cela n’a pas manqué de provoquer un remake de la guerre 39-45 entre ces bécasses et une amie française qui a dormi ici ce weekend. Conflit qui a payé, à en croire par le silence qui a suivi et la découverte magnifique que nous avons faite : oh miracle, elles savent donc chuchoter ! Telles sont les nuits dans nos dortoirs !

Et si on parlait des vols ? C’était ma grande angoisse mais je me suis un peu détendue en arrivant. A en juger par tous les téléphones, ordinateurs et autres objets de valeur qui trainent dans les chambres, le risque ne doit pas être si grand. Toujours est-il qu’il existe. On aimerait d’ailleurs dire au jeune homme qui a laissé un mot dans la cuisine, que s’il veut revoir son appareil photo dernier cri et son Mac Book, à priori mystérieusement “perdus”, il va falloir offrir un peu plus que 1500$ de récompense, car celui qui a miraculeusement “trouvé” le précieux trésor pourra récupérer une somme bien plus importante que celle-ci s’il revend les objets. Quoiqu’il en soit, ma valise est cadenassée, c’est une petite sécurité qui ne coûte rien !

 

Touriste à Melbourne

Voilà deux semaines que je suis à Melbourne et pour ne rien vous cacher, je me la coule douce ! L’avantage d’économiser avant de partir, c’est qu’en arrivant, il n’y a pas le feu au lac !

Melbourne by night

La situation n’est pas parfaite non plus car je suis un peu bloquée. La banque en France a mis un certain temps à enregistrer mon compte australien comme bénéficiaire et sans bénéficiaire, pas de transfert possible. Une fois ce problème réglé, j’ai donc tenté de faire un virement, mais cette fois-ci, impossible car le plafond était dépassé. Très bien, j’ai eu la banque au téléphone pour me renseigner avant de partir, je leur avais parlé de la somme que je comptais transférer, mais pensez-vous qu’on m’aurait prévenue qu’il y avait un plafond ? Non évidemment. Je vous passe les détails des autres petits couacs de cette histoire et de ces banquiers qui vous font tourner en bourrique, mais j’ai donc été obligée de faire mon virement en deux fois, y laissant à chaque passage 13,50€ de frais. Tous mes sous ne sont arrivés qu’aujourd’hui sur mon compte en banque australien, ça y est, je suis sauvée ! Et bien non ! J’attends encore ma carte bleue australienne ! Elle aurait dû arriver la semaine dernière si le petit monsieur à lunettes n’avait pas oublié de me faire signer un papier. C’était son troisième jour de travail, il était fort sympathique, je ne lui en veux pas. Et maintenant ce n’est qu’une question d’un ou deux jours, ça devrait aller avec ce qu’il me reste de ma petite liasse de départ. Une fois que j’aurai toutes les cartes en main, ou du moins la plus importante, je pourrai enfin vivre une vie de débauche sans foi ni loi, dormir à l’hôtel et passer mes nuits entières au casino ! Crédible ? Non, je sais mais ça valait le coup d’essayer.

Parlement du Victoria

Parlement du Victoria

Vous vous en doutez, la vie du backpacker (c’est le petit nom qu’on donne à nous autres pauvres vagabonds et bourlingueurs qui voyageons avec nos maisons sur le dos) est toute autre. S’il y a bien une chose qu’on fait tous, c’est surveiller et compter notre argent. J’ai donc passé ces deux dernières semaines à arpenter la ville et visiter quelques centres d’intérêt, à condition qu’ils soient gratuits. Les visites payantes, je les ferai, mais quand j’aurai ma carte, on en revient toujours au même. C’est donc en touriste au petit budget que je découvre la ville. Le matin, je croise ceux qui partent au travail, bien apprêtés et je me sens plus pouilleuse que jamais avec mon vieux gilet, mon sac à dos et mes chaussures à pompons ! Rassurez-vous, si mon sac à dos et mes pompons me quittent rarement, je fais quand même l’effort de changer mon gilet et le reste de mes vêtements. Faire la touriste, ça veut dire prendre le tram qui fait le tour de la ville gratuitement et ne rien entendre aux informations données parce que les Chinois derrière ne font que crier (cliché, je sais, mais tellement vrai) ! C’est aussi visiter le Parlement du Victoria et y discuter avec une Allemande qui après avoir été jeune fille au pair en Nouvelle-Zélande pendant dix mois, se paie des petites vacances en Australie avant de rentrer au pays. C’est se promener dans ces immenses parcs à plusieurs endroits de la ville, pour oublier qu’on est en ville justement et se croire dans la jungle, l’espace d’un instant aux Royal Botanic Gardens par exemple. C’est aller se balader à St Kilda, dans le sud de Melbourne, qui à cette époque de l’année me fait penser aux plages du sud de l’Angleterre, les palmiers en plus, mais surtout les pingouins, qui rentrent se nicher au creux des rochers en fin de journée. Faire la touriste, c’est aussi s’extasier dans la Trobe Reading Room de la State Library of Victoria, car oui, j’aime les livres et je n’apprécie pas les bibliothèques que pour leur wifi gratuit. C’est également aller faire quelques emplettes au Queen Victoria Market ou s’amuser de voir pour la première fois de sa vie un coin enfants dans une église : avec dinette, s’il vous plait !

Pinguoin

Melbourne propose plein de belles choses à voir. Je ne les ferai sûrement pas toutes mais j’essaie de profiter au maximum. C’est une ville qui se veut culturelle, où l’art, la mode et la gastronomie sont pris au sérieux. Certaines mauvaises langues diront qu’elle souffre d’un complexe d’infériorité par rapport à sa grande rivale Sydney. Il s’agit tout simplement de deux villes différentes où les modes de vie ne se ressemblent pas. Si je trouve qu’il est agréable d’y vivre, j’ai tout de même hâte de prendre la route. Je suis encore indécise pour la suite. Il serait plus sage de trouver du travail ici avant de partir pour augmenter la marge de sécurité financière et entamer la Great Ocean Road en mode « vacances », mais l’appel de l’aventure sera peut-être gagnant. Tout dépendra en fait du prix du van, des assurances et des économies qui y survivront.

 

Anzac Day

Anzac : il est fort probable que ce mot ne vous soit jamais arrivé aux oreilles. C’est en fait l’acronyme de “Australian and New-Zealand Army Corps”. En Australie comme en Nouvelle-Zélande, le 25 avril est un grand jour de commémoration. A l’origine, il rendait honneur aux soldats australiens et néo-zélandais qui se sont battus en 1915 à Gallipoli, péninsule faisant alors partie de l’Empire ottoman. Aujourd’hui, il n’est plus uniquement question de la première guerre mondiale et chacun vient rendre hommage à ces Aussies et à ces Kiwis qui ont servi la cause de leurs pays lors de différentes guerres et conflits et qui, pour beaucoup, y ont perdu la vie.

Défilé Anzac Day

Hier soir, nous parlions de ce sujet avec Beth, une Anglaise en voyage et accessoirement ma voisine de chambre et nous nous demandions où être et à quelle heure pour ne rien rater des évènements. Nous savions qu’il y avait le “dawn service”, mais l’idée de nous lever aux aurores ne nous a pas vraiment fait fantasmer bien longtemps. Avant d’aller au lit, j’ai pu trouver sur internet l’itinéraire du défilé, mais pas d’heure précise. J’ai donc mis mon réveil à 8 heures, au hasard. De toutes façons, c’est un peu l’année de l’improvisation. A huit heures, le téléphone fait son travail et me crie dans les oreilles qu’il faut se lever. Je n’aime pas trop son ton insolent et lui ferme le clapet pour une petite heure de répit. Puis je me lève, me prépare et passe me prendre un chocolat chaud au Café du coin. Ensuite, je me retrouve avec le même problème que la veille : je vais où et est-ce que je n’ai pas déjà tout raté ? C’est à ce moment-là que me double, tel un bolide, un militaire en uniforme, vraisemblablement de la marine. Bon, un soldat, jour de défilé, où qu’il aille, ça doit être l’endroit où je dois aller aussi. Je lui emboite donc le pas. Je marche plutôt rapidement d’habitude, mais celui-là a les pieds bien dynamiques ! Tout ça me réchauffe, ma veste est de trop mais hors de question de s’arrêter où je vais me faire semer. Mauvaise pioche ! J’ai suivi ce soldat… jusqu’au casino. Il allait simplement rejoindre des gens pour manger un bout. Puisque je suis là, je fais un petit tour et je me remets en route. Je vois alors passer un hélicoptère puis cinq avions en formation. Après tout, il y a l’air d’avoir encore de l’animation, tout n’est pas perdu !

Le Shrine of Remembrance

Le Shrine of Remembrance

En marchant sur les quais, j’aperçois au loin une foule et quelques étendards sur le pont en face de moi. Bingo ! Je rejoins tout ce petit monde et prends place sur le bord de la route pour voir passer tous les militaires. Des jeunes, des vétérans, des soldats étrangers. Il y a beaucoup de monde, aussi bien du côté militaire que du côté spectateur. Autour de moi, des gens viennent voir défiler un membre de la famille. La grand-mère juste à côté prévient donc sa petite-fille que « here comes Daddy » ! Et oui, c’est bien Daddy, assez barbu et pas très concentré à priori, qui défile en faisant de grands gestes à sa fille, qui est visiblement plus intéressée par le chien qui passe que par son papa. Des médailles, ils sont nombreux à en arborer fièrement. Je suis étonnée d’en voir autant et surtout portées par des gens si jeunes. Je comprendrai un peu plus tard ce qu’il en est.

Anzac Day

Une fois le défilé terminé, je quitte mon poste et suis le courant pour rallier le point d’arrivée : le Shrine of Remembrance, cet imposant monument érigé en souvenir des soldats du Victoria tués pendant la guerre 1914-1918. Une cérémonie officielle a alors lieu. Le Gouverneur de l’Etat fait un discours et c’est là que je comprends, moi qui ne connais rien au protocole militaire : toutes ces médailles portées par ces jeunes (et moins jeunes), celles qui sont attachées à droite, ce sont celles des soldats décédés, que leurs familles, leurs descendants gardent et portent fièrement et non sans émotion, en de telles occasions. Une prière est ensuite dite, murmurée par les voix de toutes les personnes qui m’entourent et les hymnes nationaux australiens et néo-zélandais sont joués. Puis il y a eu cet instant de silence. Quel silence ! Nous sommes des milliers à nous tenir sur cette esplanade et à part quelques lointains gazouillements de bébés, pas un bruit. Et ça m’impressionne ! Finalement, la foule s’éparpille et le monument est réouvert au public. j’en profite pour le visiter et pour assister à l’exposition qui se tient  en-dessous jusqu’au 1er mai, sur les bombardiers de la Royal Australian Air Force (RAAF) pendant la deuxième guerre mondiale. En repartant, je les vois : tous ces petits coquelicots que les familles ont coutume de laisser à côté des noms des leurs, sur les plaques commémoratives. L’année prochaine, ce sera le centenaire de l’Anzac Day.

 

Rip Curl Pro 2014

Le surf, c’est un de mes dadas ! Même si je ne suis que débutante, je suis ce sport du mieux que je peux, veillant la nuit pour regarder les compétitions en live sur mon ordinateur. Alors évidemment, être à Melbourne pendant que se tenait le Rip Curl Pro et ne pas y aller, ça aurait été pécher !
Rip Curl Pro Bells Beach

Dimanche dernier donc, réveil matinal en essayant de ne pas faire trop de bruit pour que les autres occupants de la chambre restent dans les bras de Morphée. Mission accomplie ! Premier reflex : se connecter sur le site de l’évènement pour voir si les surfeurs se mettront ou pas à l’eau aujourd’hui. Tout dépend des vagues. Si le statut était en stand-by à mon réveil, il n’a pas tardé à être mis à jour : « the contest is on » ! Oserais-je dire que l’annonce de la validation de mon Visa m’a fait le même effet ? Pourtant, ce n’est pas si loin de la vérité et croyez-moi, si j’avais été un peu plus familière avec mes voisins de chambrée, je me serais permis un petit cri de joie pour leur faire part de mon contentement ! Je m’étais dit qu’un jour, j’irai assister à une de ces compétitions. Mais je m’imaginais faire ça dans le sud-ouest de la France à l’occasion du Quiksilver Pro. Aller à Bells Beach, c’est bien plus classe !

Bells Beach est une plage bien connue des surfeurs, tout près de Torquay, la mecque du surf !  J’avais pensé à profiter de cette journée pour visiter le musée consacré à ce sport, mais le temps m’a manqué et de toutes façons, une chose est sûre, je serai de retour à Torquay tôt ou tard puisque c’est la ville qui marque officiellement le début de la mythique Ocean Road. Torquay, ce n’est pas ce qu’on appelle une ville voisine de Melbourne, puisqu’elle se situe à une centaine de kilomètres au sud. Cent kilomètres en Australie, ce n’est rien me direz-vous, mais tout de même, pour y aller en transports, il faut être assez motivé. Me voilà donc dans le train, un livre à la main. En route depuis une quinzaine de minutes, je relève les yeux pour regarder par la fenêtre et me mettrait bien une claque : tu es en Australie, qu’est-ce tu fais le nez dans un bouquin ? Et oui, on est déjà loin de Melbourne et le paysage qui s’offre à moi n’a plus rien de citadin. Dehors : des grandes plaines, des moutons, des vaches et des fermes. On pourrait faire la même description de nos campagnes françaises et pourtant ça n’a rien à voir. Le paysage australien a une identité bien à lui et je m’en régale. Une heure de train plus tard, je suis arrivée à Geelong, pour y prendre le bus qui amène à Torquay. Parmi les passagers, aucun doute que la majorité se rend à Bells Beach. La conductrice porte des oreilles de lapin sur la tête, quoi de plus normal, c’est Pâques ! Elle nous a déposé au magasin Rip Curl où une navette gratuite est venue nous chercher pour nous amener jusqu’à la plage, véritable lieu de pèlerinage ces jours-ci.

Le surfeur Kolohe Andino à Bells Beach

Le surfeur Kolohe Andino à Bells Beach

L’entrée est à 8$, on m’attache un bracelet Rip Curl au poignet et c’est parti, je me dirige vers la fourmilière. Le haut parleur diffuse les voix des commentateurs, il y a deux écrans géants et plusieurs tribunes en hauteur. Chacun n’a qu’à choisir son point de vue, à condition bien sûr d’y trouver de la place. J’ai essayé les différents endroits, histoire de faire ma petite marche quotidienne et de découvrir tous les recoins du lieu. Finalement j’ai pris le petit chemin qui descendait vers la plage, pour voir les choses de plus près. La plage n’est pas grande et tout le monde s’y installe comme il peut. Ceux qui sont les plus près de l’eau se font régulièrement surprendre par des vagues qui montent un peu plus haut et c’est un spectacle assez amusant que de les voir se lever d’un coup, attraper ce qu’ils peuvent et s’éloigner de l’eau avant d’y tremper les orteils. Sans faire attention, je me suis postée juste à côté de l’endroit où les surfeurs passent pour aller à l’eau et en revenir. Bon choix (même si c’était un hasard), j’ai vu du beau monde ! Il y avait un peu de vent, histoire de faire oublier le soleil qui cognait quand même un peu. Mais les Australiens sont prévoyants et il y avait un petit bidon de crème solaire accessible à tous. Une belle petite attention du Cancer Council, dans un pays où le soleil fait des ravages ! Après plusieurs heures passées sur le site, il était malheureusement temps pour moi de rentrer, histoire de ne pas rater le dernier bus de la journée et d’arriver à bon port après cette belle journée !

A l’heure où j’écris, la compétition est terminée. La finale a eu lieu aujourd’hui et c’est l’Australien Mick Fanning, champion du monde 2013 qui l’a emporté chez les hommes. Du côté féminin, c’est l’Hawaïenne Carissa Moore qui a décroché la victoire.

 

Premiers pas à Melbourne

Melbourne, deuxième ville d’Australie et capitale de l’état du Victoria, m’accueille chaleureusement depuis une semaine déjà. C’est dans cette même ville que le voyage familial de 1996 avait également commencé. Je ne me souviens que vaguement de l’hôtel, mais je revois encore mon père nous montrer à mon frère et moi, joyeux petits marmots, que de ce côté-là de l’équateur, dans les lavabos, l’eau s’écoule dans l’autre sens. A cet âge-là, c’est fou comme on s’émerveille d’un rien !

Pour commencer mon séjour à Melbourne, je m’étais payé le luxe de rester deux nuits à l’hôtel avant de migrer vers une auberge de jeunesse, de peur d’être un peu perdue en arrivant et de me faire voler toutes mes affaires dès le premier soir. Se faire voler ses affaires, encore faudrait-il en avoir ! Ce n’était pas vraiment mon cas puisque rappelez-vous, mon bagage m’avait lâchement abandonnée lors de l’escale à Doha. La compagnie m’avait dit qu’il serait livré le lendemain, alors forcément, mercredi, toujours rien !  Ce n’est que le jeudi matin, en me réveillant à 8 heures que j’ai pu écouter le message vocal de la Qatar qui m’avait appelée une heure plus tôt. N’ayant pas réussi à me joindre, ils ont visiblement appelé l’hôtel, puisque le petit monsieur de la réception est venu frapper à ma porte, me trouvant dans mon superbe pyjama Qatar, les cheveux en révolution et les yeux encore bouffis. Tout est bien qui finit bien, la valise est arrivée juste avant que je ne quitte l’hôtel. Inutile de préciser qu’elle est arrivée cassée. Une sangle a été arrachée, ce qui a un peu déchiré le tissu du sac. J’espère que ça tiendra. Il faudra quand même que je prépare un petit mot doux pour la compagnie.

L’hôtel, j’aurais pu m’en passer. Certes, c’était bien pratique d’y trouver du savon  et des serviettes de bain, puisque je n’avais pas mes affaires, mais aller de l’aéroport à mon auberge de jeunesse avec les transports, c’est très simple, même en arrivant le soir. En revanche, ce qui l’était un peu moins, c’est de tirer mes 23 kilos de bagages de l’hôtel à la gare la plus proche, de faire la vingtaine de minutes de train qui me séparait du centre ville et de retirer mon fardeau pendant une vingtaine de minutes jusqu’à mon auberge, où il a fallu monter tout ça au deuxième étage pour pouvoir enfin s’installer, prendre une douche et mettre des habits propres. Heureusement, j’avais eu la journée de la veille pour repérer la route et commencer à découvrir Melbourne.

Comment vous décrire ce sourire niais qui ne m’a pas quittée lors de ma première journée dans cette ville ? J’étais tellement heureuse d’être là que tout, même les choses les plus insignifiantes, me paraissait parfait ! Tout d’abord, il y a ce sentiment d’accomplissement. J’y suis, enfin ! Ce petit truc dans ta tête qui te dit « bah ouais ma vieille, jouer à la caissière pendant sept mois pour financer ce projet, c’était loin d’être passionnant, pas toujours facile, mais ça a payé ».

Pour découvrir une ville pour la première fois, chacun a sa tactique. Certains ouvrent leur guide et le suivent à la lettre. Moi, je laisse le guide de côté, je choisis une direction au hasard et je marche. Longtemps, sans savoir où je vais, mes jambes font le travail et je laisse mes yeux et mes oreilles vagabonder partout. Je découvre les bruits de la ville : le signal sonore indiquant aux piétons quand traverser, le bruit de ferraille qui accompagne le passage du tram, la musique qui s’échappe des cafés le long de la Yarra River. Je m’amuse de voir les pigeons côtoyer les mouettes ainsi que du mélange architectural, où les grands buildings modernes et les gratte-ciel laissent soudain place à des édifices datant du XIXème siècle. J’ai dû marcher quatre ou cinq heures ce jour-là, avant de rentrer me coucher, décalage horaire oblige. A la fin de la journée, une certitude : cette ville est agréable et tout va pour le mieux au pays des Bisounours !

Derniers réglages : TFN et identity check

Une fois arrivé en Australie, il n’y a plus que quelques petits détails à régler pour pouvoir être débarrassé de toutes les corvées administratives et commencer à vivre pleinement son aventure. Après m’être procuré tout ce qui est téléphonie et internet, je suis passée dans une agence de la Westpac pour procéder à la vérification d’identité. C’est on ne peut plus rapide. Pas besoin de rendez-vous, je me suis pointée comme une fleur à la réception de l’agence avec mon numéro de compte, mon passeport et mon permis de conduire. Le petit monsieur a enregistré toutes les informations nécessaires, a pris l’adresse que je lui donnais pour y envoyer ma carte bleue, et c’en est fini. Enfin presque, puisqu’il m’a rappelée dans l’après-midi car il avait oublié de me faire signer un papier. Ce n’est qu’un simple détail, j’y retournerai dès que je peux.

 

Il faut ensuite demander son TFN (Tax File Number). En plus d’être obligatoire, ce numéro vous permet de faire votre déclaration de revenus, de ne pas être taxé à 50% sur votre salaire et, une fois rentré au pays de récupérer une certaine somme d’argent, qui correspond, si je ne me trompe pas, à ce que vous aurez cotisé pour votre retraite en Australie. La demande se fait en ligne et ne prend que quelques minutes. Inutile d’essayer de prendre de l’avance et de la faire avant de partir, elle n’aboutira pas puisqu’il faut être sur le sol australien pour la faire. Une fois faite, le numéro vous est envoyé par courrier dans les trois semaines, à l’adresse que vous aurez indiquée dans le formulaire. Vous pouvez commencer à travailler avant d’avoir reçu votre TFN, puisque vous avez 28 jours pour le communiquer à votre employeur. Il devrait donc être arrivé dans ce délai.

Une fois tout ça terminé, il n’y a plus qu’à !

Le téléphone en Australie

Chacun a ses priorités. Une des miennes en arrivant était de me procurer une carte sim australienne et de quoi pouvoir me connecter à internet à tout moment. Evidemment, c’est une façon de parler, car quand je serai au fin fond du bush, allez savoir ce qu’il en sera de la couverture réseau. Je ne suis pas très optimiste sur la question. Avoir un numéro australien me parait indispensable. Ça évite de dilapider son forfait français en deux sms et trois clics Facebook, pour commencer, mais c’est aussi et surtout pour pouvoir chercher du travail, une colocation, se renseigner sur un van à vendre, appeler sa banque, etc. En Australie, comme en France ou ailleurs, vous pouvez choisir entre différents opérateurs, différents forfaits ou systèmes de cartes prépayées.

TelstraIci (comprenez en Australie désormais), les trois opérateurs principaux sont Telstra, Optus et Vodaphone. Telstra, c’est un peu le vieux de la vieille de l’opérateur téléphonique, comme Orange chez nous. C’est l’opérateur qui a la plus grande couverture réseau, mais également les prix les plus élevés. Optus propose une couverture moins importante mais néanmoins très correcte, à des prix plus attractifs que ceux de Telstra. Vodafone, pour finir, sera parfait pour les plus petits budgets, mais vous l’aurez deviné, la couverture réseau est plus limitée. Tout dépend donc de ce que l’on recherche. Optus me semble être le choix le plus judicieux puisque les prix sont intéressants et que la couverture tient tout à fait la route.

Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais, c’est vers Telstra que je me suis tournée. Pour pouvoir tenir ce blog le mieux possible et également par peur de me retrouver en panne au milieu de nulle part, sans réseau pour pouvoir appeler de l’aide, j’ai opté pour la couverture la plus sûre. Mon porte-monnaie le regrettera peut-être par la suite, mais c’est fait. Le système de carte prépayée, que j’ai adopté , est le plus utilisé par les PVTistes (PVT = Programme Vacances Travail) qui veulent éviter tout engagement. Pour internet, j’ai acheté une clé 4G et l’affaire est réglée. Si vous logez dans des Auberges de jeunesse, vous pourrez avoir accès au wifi à des prix très corrects (4$ pour une journée où je suis actuellement), mais il ne faut pas être trop pressé, ça rame !