Le Jour-J

C’est le grand jour, le radio réveil se met en route. Après avoir passé une bonne partie de la nuit à faire ma valise, le sommeil n’a pas été très réparateur et mes yeux s’ouvrent comme ils peuvent . Puis je retrouve lentement l’usage de mon cerveau et là, on ne va pas se mentir, tu te poses quand même une question existentielle : mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? Partir seule au bout du monde sans trop savoir ce qui va nous arriver, si on va réussir à trouver du boulot, etc, ce n’est pas ce qu’il y a de plus confortable comme situation, donc forcément, on se pose des questions. Mais tout ça se dissipe très vite pour laisser place à l’excitation du départ et de toutes les aventures qui s’en suivront. Et elles ne tarderont pas !

Avion Paris-Doha

Le vol Paris-Doha se passe sans encombre, me donnant l’occasion de regarder deux navets et de constater que les repas dans les avions sont toujours aussi délicieux (n’y voyez là que de l’ironie). Puis vient l’escale, de nuit heureusement car le choc thermique se fait déjà bien sentir. Ça a été très rapide : un peu de bus, le passage de la sécurité, encore un peu de bus et me voilà déjà en train de prendre place auprès d’un jeune couple d’Italiens qui seront mes voisins pour les treize heures et quelques à venir. Pour eux aussi c’est le début d’une grande aventure, puisqu’ils se rendent à Melbourne avec un Visa étudiant dans le but de voir du pays et d’apprendre l’anglais. Treize heures de vol, c’est pénible, surtout quand l’aimable dame de devant baisse le dossier de son siège au maximum et ne le relève qu’au moment des repas, mais c’est le jeu et c’est pour la bonne cause. L’avion n’étant pas plein, j’avais repéré une place stratégique vers laquelle migrer après le décollage, histoire de pouvoir m’étaler autant que mes jambes et mes bras me le permettent, mais c’était trop optimiste de ma part. Evidemment, tout le monde a eu la même idée et toutes les places alléchantes avaient été prises d’assaut avant l’extinction du signal « attachez vos ceintures ».

Vers 21h15, heure locale, les lumières de Melbourne sont enfin apparues derrière les hublots, pour le plus grand bonheur des passagers. Enfin peut-être pas tous, car à voir les deux Italiens faire le signe de croix et fermer les yeux, j’en déduis qu’ils
ne sont pas très à l’aise avec l’atterrissage. Le pilote a fait son travail, ou alors les prières de mes voisins ont été entendues, allez savoir, mais quoiqu’il en soit, ça y est, je suis enfin sur le sol australien !

Il fallait bien quelque chose pour marquer le coup ! Me voilà donc devant les tapis à regarder défiler les bagages des uns et des autres. Ma valise arrive toujours la dernière, depuis la nuit des temps, ça ne rate jamais ! je m’arme donc de patience, de toutes façons je ne suis plus à une heure près. Mais plus j’attends… Plus j’attends. Je connais par coeur l’ordre des quelques valises de retardataires qui tournent en rond depuis déjà une demi-heure et une chose est sûre : la mienne n’y est pas. Une annonce est alors faite dans l’aéroport et oui, c’est bien mon nom qui a été appelé avec ce doux accent. Je me suis donc rendue au comptoir où on m’a expliqué que mon sac n’avait pas pris le vol et qu’il avait décidé de visiter un peu l’aéroport de Doha. L’escale a été si rapide qu’il n’a pas eu le temps de suivre. Tout ça me rappelle que j’ai définitivement une vraie poisse. Les deux Français qui ont pris les deux vols depuis Paris ont, eux, récupéré leurs bagages sans aucun problème. Depuis le temps que je prends l’avion, il fallait bien que ça m’arrive un jour, alors forcément, pourquoi pas là, pour bien commencer ? Bon, ce coup du sort m’a plutôt fait rire et me voilà arrivée à l’hôtel, avec 50$ de compensation et un pyjama douillet de la Qatar, pour me faire patienter jusqu’à la livraison de mon sac demain.

And so it begins !

 

Avant le départ


Si comme moi, vous êtes désormais l’heureux détenteur d’un WHV, à la vôtre, pour commencer ! Une fois le Visa fêté comme il se doit avec la famille et les copains, il faut commencer à préparer le départ. Et qui dit départ, dit vol. Le mieux pour les économies, c’est de prendre un aller-retour avec des dates flexibles. Les prix et les conditions dépendent évidement de la compagnie aérienne et du moment où vous partez. Ce n’est pas que je ne fais pas attention à mon porte-monnaie, mais j’ai préféré prendre un aller-simple. Après tout, on ne sait jamais, je serai peut-être rentrée au bout de deux mois, mais si jamais je voulais rester et que mon visa est renouvelé, je serai contente de ne pas avoir pris de billet retour. Je suis passée par l’agence e-australie et je pense avoir fait une bonne affaire puisque le billet m’a couté 606€ (comprenant 15€ d’assurance annulation). Ce sera donc la Qatar Airways direction Melbourne, avec une courte escale d’une heure et demie à Doha.

Avant le départ

Le site Australia-Australie m’a beaucoup aidée dans la préparation du voyage. Vous y trouverez toutes les réponses aux questions que vous vous posez, et même à celles que vous n’avez pas encore pensé à vous poser. Bref, vous l’aurez compris, c’est très complet. Pour ceux qui veulent déjà se mettre dans l’ambiance, vous pouvez vous rendre aux G’day Sundays, des réunions d’informations organisées tous les trois mois au Café Oz de Châtelet. Pour ça, il suffit de s’inscrire sur le site et de vous y rendre pour un bon moment de partage. Ne manquez surtout pas le tirage au sort avec de beaux lots à la clé : le billet d’avion offert, on ne crache pas dessus ! Encore faut-il être sacrément chanceux, ce qui n’est pas mon cas.

Il faut penser à résilier tous les contrats en cours : téléphone, internet, etc. Si vous comptez amener votre téléphone là-bas pour y mettre une carte sim australienne, pensez bien à le désimlocker avant de partir. Vous pouvez aussi suspendre votre ligne, si vous ne souhaitez pas la résilier, mais sachez que certains opérateurs limitent le temps de suspension à six mois par an par exemple. Pensez aussi à faire une procuration à la Poste pour permettre à un parent ou un ami de récupérer votre courrier pendant votre absence. Ça peut toujours servir.

Un autre point important, c’est l’assurance ! Il faut être fou (ou inconscient) pour s’engager dans une telle aventure sans couvrir ses arrières. Certains en ont fait les frais. Il y a pas mal de contrats pensés spécialement pour les détenteurs du WHV, à des prix tout à fait abordables. Des noms tels qu’ASFE, April International ou encore Travel Zen reviennent souvent sur internet. A vous de trouver  l’assurance qui vous convient le mieux ! Et puisqu’il vaut mieux prévenir que guérir, vous pouvez aussi aller faire un petit check-up chez le médecin, le dentiste et toute la compagnie avant de partir. Si vous suivez des traitements, soyez prévoyants et emmener des réserves. Les pharmacies ne délivrent normalement des médicaments que pour une durée de six mois maximum. Au-delà de ça, il faut demander une dérogation auprès de le Sécurité Sociale et vue l’impressionnante lenteur de tous les services administratifs français, mieux vaut s’y prendre en avance. Mesdemoiselles, à priori, pour la pilule, si votre gynécologue précise bien sur l’ordonnance que vous partez un an à l’étranger, le pharmacien devrait vous délivrer tout ce qu’il vous faut. Renseignez-vous quand même avant de partir.

Pour prendre un peu d’avance, vous pouvez ouvrir un compte en banque en ligne, avant de partir. J’ai choisi la Westpac. Il suffit de remplir un court questionnaire. Vous recevrez ensuite un mail qui vous informe de la réception de votre dossier, et celui de confirmation de l’ouverture du compte arrivera dans les deux jours qui suivent. En arrivant, vous n’aurez plus qu’à vous présenter dans une agence avec deux pièces d’identité pour que tout soit réglé.

Si vous avez votre permis et que vous prévoyez de prendre la route en Australie, n’oubliez pas de faire faire votre permis international. Pour cela, il faut vous rendre avec la lus grande patience dans votre préfecture. Le permis international ne remplace en aucun cas votre permis national, il n’en est qu’une traduction. Il faudra emporter les deux documents avec vous.

Une fois tout ces détails réglés, il ne vous reste plus qu’à partir !

Le Working Holiday Visa

Le premier pas à franchir, c’est de prendre une décision. Même si l’Australie vous titille, quitter une situation confortable pour aller vers l’inconnu sans trop de garanties, ça n’a jamais rassuré personne. Mais c’est ça qui est excitant, en plus de savoir que c’est un beau pays plein de ressources qui vous attend ! En ce qui me concerne, la décision n’a pas été trop longue à prendre. Je voulais retourner en Australie depuis longtemps, j’avais envisagé d’y finir mes études avant de trouver mon Master en France. Alors après un an à chercher en vain du travail, après avoir mis mon cheval à la retraite (oui, c’est un détail qui a son importance), j’étais sans attache et fin prête à m’envoler vers de nouveaux horizons.

drapeau australienLa demande du WHV se fait en ligne, en anglais, sur le site du gouvernement australien. C’est assez simple et vous êtes à priori presque sûr de l’obtenir. Il faut cependant répondre à certaines conditions comme avoir un passeport en cours de validité, avoir entre 18 et 30 ans au moment de la demande, être en dehors de l’Australie et avoir 5000 dollars australiens sur votre compte en banque pour pouvoir couvrir les frais du séjour, du moins pour le début. C’est dans votre intérêt, mais c’est aussi que le gouvernement australien aimerait éviter de voir sur ses trottoirs des mendiants venus de l’autre bout de la planète. Evidement, vous devez aussi être originaire d’un des pays partenaires et avoir un casier judiciaire blanc comme neige ! Le coût du visa est de 420$ et vous ne serez pas remboursés en cas de refus.

Lors de votre demande, vous devrez donner des informations basiques tels que vos nom, prénom, adresse, date de naissance, etc. Vous devrez aussi répondre à un questionnaire santé. Dans de rares cas, des examens complémentaires sont demandés. On vous demandera aussi votre date d’arrivée en Australie et le type de jobs que vous comptez faire. Ce sont des questions à titre purement indicatif alors pas de panique si vous ne savez pas encore. Mettez une date au hasard vers la période où vous souhaitez arriver. Si vous ne débarquez pas ce jour-là, il ne vous arrivera rien.

Une fois votre demande faite, vous recevrez un e-mail accusant de la réception de votre dossier et vous pourrez ensuite suivre l’avancée de votre dossier sur internet. Pour certains ça peut ne prendre que quelques heures et pour d’autres ça peut durer jusqu’à trois semaines. A chacun sa chance ! Dans mon cas, la demande a été faite un samedi et le Saint Graal a été validé le vendredi suivant. Vous recevrez là aussi un e-mail vous informant que vous pouvez sortir la bouteille de champagne du frigo et fêter ça. Enfin, chacun interprète le message comme il le veut…

Le WHV n’existe pas qu’en Australie. La Nouvelle-Zélande, le Japon, le Canada, Singapour, la Corée du Sud, Hong-Kong et l’Argentine s’offrent aussi à vous. Il y en a pour tous les goûts. Sachez néanmoins qu’il est plus facile d’obtenir un Visa pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande que pour le Canada par exemple, où des quotas limitent le nombre de chanceux.

Le WHV peut aussi être renouvelé une fois, pour ceux qui dépriment à l’idée de rentrer chez eux. Il y a cependant certaines conditions à respecter, mais pour le moment, on n’en est pas là.