Monthly Archives: avril 2014

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Touriste à Melbourne

Voilà deux semaines que je suis à Melbourne et pour ne rien vous cacher, je me la coule douce ! L’avantage d’économiser avant de partir, c’est qu’en arrivant, il n’y a pas le feu au lac !

Melbourne by night

La situation n’est pas parfaite non plus car je suis un peu bloquée. La banque en France a mis un certain temps à enregistrer mon compte australien comme bénéficiaire et sans bénéficiaire, pas de transfert possible. Une fois ce problème réglé, j’ai donc tenté de faire un virement, mais cette fois-ci, impossible car le plafond était dépassé. Très bien, j’ai eu la banque au téléphone pour me renseigner avant de partir, je leur avais parlé de la somme que je comptais transférer, mais pensez-vous qu’on m’aurait prévenue qu’il y avait un plafond ? Non évidemment. Je vous passe les détails des autres petits couacs de cette histoire et de ces banquiers qui vous font tourner en bourrique, mais j’ai donc été obligée de faire mon virement en deux fois, y laissant à chaque passage 13,50€ de frais. Tous mes sous ne sont arrivés qu’aujourd’hui sur mon compte en banque australien, ça y est, je suis sauvée ! Et bien non ! J’attends encore ma carte bleue australienne ! Elle aurait dû arriver la semaine dernière si le petit monsieur à lunettes n’avait pas oublié de me faire signer un papier. C’était son troisième jour de travail, il était fort sympathique, je ne lui en veux pas. Et maintenant ce n’est qu’une question d’un ou deux jours, ça devrait aller avec ce qu’il me reste de ma petite liasse de départ. Une fois que j’aurai toutes les cartes en main, ou du moins la plus importante, je pourrai enfin vivre une vie de débauche sans foi ni loi, dormir à l’hôtel et passer mes nuits entières au casino ! Crédible ? Non, je sais mais ça valait le coup d’essayer.

Parlement du Victoria

Parlement du Victoria

Vous vous en doutez, la vie du backpacker (c’est le petit nom qu’on donne à nous autres pauvres vagabonds et bourlingueurs qui voyageons avec nos maisons sur le dos) est toute autre. S’il y a bien une chose qu’on fait tous, c’est surveiller et compter notre argent. J’ai donc passé ces deux dernières semaines à arpenter la ville et visiter quelques centres d’intérêt, à condition qu’ils soient gratuits. Les visites payantes, je les ferai, mais quand j’aurai ma carte, on en revient toujours au même. C’est donc en touriste au petit budget que je découvre la ville. Le matin, je croise ceux qui partent au travail, bien apprêtés et je me sens plus pouilleuse que jamais avec mon vieux gilet, mon sac à dos et mes chaussures à pompons ! Rassurez-vous, si mon sac à dos et mes pompons me quittent rarement, je fais quand même l’effort de changer mon gilet et le reste de mes vêtements. Faire la touriste, ça veut dire prendre le tram qui fait le tour de la ville gratuitement et ne rien entendre aux informations données parce que les Chinois derrière ne font que crier (cliché, je sais, mais tellement vrai) ! C’est aussi visiter le Parlement du Victoria et y discuter avec une Allemande qui après avoir été jeune fille au pair en Nouvelle-Zélande pendant dix mois, se paie des petites vacances en Australie avant de rentrer au pays. C’est se promener dans ces immenses parcs à plusieurs endroits de la ville, pour oublier qu’on est en ville justement et se croire dans la jungle, l’espace d’un instant aux Royal Botanic Gardens par exemple. C’est aller se balader à St Kilda, dans le sud de Melbourne, qui à cette époque de l’année me fait penser aux plages du sud de l’Angleterre, les palmiers en plus, mais surtout les pingouins, qui rentrent se nicher au creux des rochers en fin de journée. Faire la touriste, c’est aussi s’extasier dans la Trobe Reading Room de la State Library of Victoria, car oui, j’aime les livres et je n’apprécie pas les bibliothèques que pour leur wifi gratuit. C’est également aller faire quelques emplettes au Queen Victoria Market ou s’amuser de voir pour la première fois de sa vie un coin enfants dans une église : avec dinette, s’il vous plait !

Pinguoin

Melbourne propose plein de belles choses à voir. Je ne les ferai sûrement pas toutes mais j’essaie de profiter au maximum. C’est une ville qui se veut culturelle, où l’art, la mode et la gastronomie sont pris au sérieux. Certaines mauvaises langues diront qu’elle souffre d’un complexe d’infériorité par rapport à sa grande rivale Sydney. Il s’agit tout simplement de deux villes différentes où les modes de vie ne se ressemblent pas. Si je trouve qu’il est agréable d’y vivre, j’ai tout de même hâte de prendre la route. Je suis encore indécise pour la suite. Il serait plus sage de trouver du travail ici avant de partir pour augmenter la marge de sécurité financière et entamer la Great Ocean Road en mode « vacances », mais l’appel de l’aventure sera peut-être gagnant. Tout dépendra en fait du prix du van, des assurances et des économies qui y survivront.

 

Anzac Day

Anzac : il est fort probable que ce mot ne vous soit jamais arrivé aux oreilles. C’est en fait l’acronyme de “Australian and New-Zealand Army Corps”. En Australie comme en Nouvelle-Zélande, le 25 avril est un grand jour de commémoration. A l’origine, il rendait honneur aux soldats australiens et néo-zélandais qui se sont battus en 1915 à Gallipoli, péninsule faisant alors partie de l’Empire ottoman. Aujourd’hui, il n’est plus uniquement question de la première guerre mondiale et chacun vient rendre hommage à ces Aussies et à ces Kiwis qui ont servi la cause de leurs pays lors de différentes guerres et conflits et qui, pour beaucoup, y ont perdu la vie.

Défilé Anzac Day

Hier soir, nous parlions de ce sujet avec Beth, une Anglaise en voyage et accessoirement ma voisine de chambre et nous nous demandions où être et à quelle heure pour ne rien rater des évènements. Nous savions qu’il y avait le “dawn service”, mais l’idée de nous lever aux aurores ne nous a pas vraiment fait fantasmer bien longtemps. Avant d’aller au lit, j’ai pu trouver sur internet l’itinéraire du défilé, mais pas d’heure précise. J’ai donc mis mon réveil à 8 heures, au hasard. De toutes façons, c’est un peu l’année de l’improvisation. A huit heures, le téléphone fait son travail et me crie dans les oreilles qu’il faut se lever. Je n’aime pas trop son ton insolent et lui ferme le clapet pour une petite heure de répit. Puis je me lève, me prépare et passe me prendre un chocolat chaud au Café du coin. Ensuite, je me retrouve avec le même problème que la veille : je vais où et est-ce que je n’ai pas déjà tout raté ? C’est à ce moment-là que me double, tel un bolide, un militaire en uniforme, vraisemblablement de la marine. Bon, un soldat, jour de défilé, où qu’il aille, ça doit être l’endroit où je dois aller aussi. Je lui emboite donc le pas. Je marche plutôt rapidement d’habitude, mais celui-là a les pieds bien dynamiques ! Tout ça me réchauffe, ma veste est de trop mais hors de question de s’arrêter où je vais me faire semer. Mauvaise pioche ! J’ai suivi ce soldat… jusqu’au casino. Il allait simplement rejoindre des gens pour manger un bout. Puisque je suis là, je fais un petit tour et je me remets en route. Je vois alors passer un hélicoptère puis cinq avions en formation. Après tout, il y a l’air d’avoir encore de l’animation, tout n’est pas perdu !

Le Shrine of Remembrance

Le Shrine of Remembrance

En marchant sur les quais, j’aperçois au loin une foule et quelques étendards sur le pont en face de moi. Bingo ! Je rejoins tout ce petit monde et prends place sur le bord de la route pour voir passer tous les militaires. Des jeunes, des vétérans, des soldats étrangers. Il y a beaucoup de monde, aussi bien du côté militaire que du côté spectateur. Autour de moi, des gens viennent voir défiler un membre de la famille. La grand-mère juste à côté prévient donc sa petite-fille que « here comes Daddy » ! Et oui, c’est bien Daddy, assez barbu et pas très concentré à priori, qui défile en faisant de grands gestes à sa fille, qui est visiblement plus intéressée par le chien qui passe que par son papa. Des médailles, ils sont nombreux à en arborer fièrement. Je suis étonnée d’en voir autant et surtout portées par des gens si jeunes. Je comprendrai un peu plus tard ce qu’il en est.

Anzac Day

Une fois le défilé terminé, je quitte mon poste et suis le courant pour rallier le point d’arrivée : le Shrine of Remembrance, cet imposant monument érigé en souvenir des soldats du Victoria tués pendant la guerre 1914-1918. Une cérémonie officielle a alors lieu. Le Gouverneur de l’Etat fait un discours et c’est là que je comprends, moi qui ne connais rien au protocole militaire : toutes ces médailles portées par ces jeunes (et moins jeunes), celles qui sont attachées à droite, ce sont celles des soldats décédés, que leurs familles, leurs descendants gardent et portent fièrement et non sans émotion, en de telles occasions. Une prière est ensuite dite, murmurée par les voix de toutes les personnes qui m’entourent et les hymnes nationaux australiens et néo-zélandais sont joués. Puis il y a eu cet instant de silence. Quel silence ! Nous sommes des milliers à nous tenir sur cette esplanade et à part quelques lointains gazouillements de bébés, pas un bruit. Et ça m’impressionne ! Finalement, la foule s’éparpille et le monument est réouvert au public. j’en profite pour le visiter et pour assister à l’exposition qui se tient  en-dessous jusqu’au 1er mai, sur les bombardiers de la Royal Australian Air Force (RAAF) pendant la deuxième guerre mondiale. En repartant, je les vois : tous ces petits coquelicots que les familles ont coutume de laisser à côté des noms des leurs, sur les plaques commémoratives. L’année prochaine, ce sera le centenaire de l’Anzac Day.

 

Rip Curl Pro 2014

Le surf, c’est un de mes dadas ! Même si je ne suis que débutante, je suis ce sport du mieux que je peux, veillant la nuit pour regarder les compétitions en live sur mon ordinateur. Alors évidemment, être à Melbourne pendant que se tenait le Rip Curl Pro et ne pas y aller, ça aurait été pécher !
Rip Curl Pro Bells Beach

Dimanche dernier donc, réveil matinal en essayant de ne pas faire trop de bruit pour que les autres occupants de la chambre restent dans les bras de Morphée. Mission accomplie ! Premier reflex : se connecter sur le site de l’évènement pour voir si les surfeurs se mettront ou pas à l’eau aujourd’hui. Tout dépend des vagues. Si le statut était en stand-by à mon réveil, il n’a pas tardé à être mis à jour : « the contest is on » ! Oserais-je dire que l’annonce de la validation de mon Visa m’a fait le même effet ? Pourtant, ce n’est pas si loin de la vérité et croyez-moi, si j’avais été un peu plus familière avec mes voisins de chambrée, je me serais permis un petit cri de joie pour leur faire part de mon contentement ! Je m’étais dit qu’un jour, j’irai assister à une de ces compétitions. Mais je m’imaginais faire ça dans le sud-ouest de la France à l’occasion du Quiksilver Pro. Aller à Bells Beach, c’est bien plus classe !

Bells Beach est une plage bien connue des surfeurs, tout près de Torquay, la mecque du surf !  J’avais pensé à profiter de cette journée pour visiter le musée consacré à ce sport, mais le temps m’a manqué et de toutes façons, une chose est sûre, je serai de retour à Torquay tôt ou tard puisque c’est la ville qui marque officiellement le début de la mythique Ocean Road. Torquay, ce n’est pas ce qu’on appelle une ville voisine de Melbourne, puisqu’elle se situe à une centaine de kilomètres au sud. Cent kilomètres en Australie, ce n’est rien me direz-vous, mais tout de même, pour y aller en transports, il faut être assez motivé. Me voilà donc dans le train, un livre à la main. En route depuis une quinzaine de minutes, je relève les yeux pour regarder par la fenêtre et me mettrait bien une claque : tu es en Australie, qu’est-ce tu fais le nez dans un bouquin ? Et oui, on est déjà loin de Melbourne et le paysage qui s’offre à moi n’a plus rien de citadin. Dehors : des grandes plaines, des moutons, des vaches et des fermes. On pourrait faire la même description de nos campagnes françaises et pourtant ça n’a rien à voir. Le paysage australien a une identité bien à lui et je m’en régale. Une heure de train plus tard, je suis arrivée à Geelong, pour y prendre le bus qui amène à Torquay. Parmi les passagers, aucun doute que la majorité se rend à Bells Beach. La conductrice porte des oreilles de lapin sur la tête, quoi de plus normal, c’est Pâques ! Elle nous a déposé au magasin Rip Curl où une navette gratuite est venue nous chercher pour nous amener jusqu’à la plage, véritable lieu de pèlerinage ces jours-ci.

Le surfeur Kolohe Andino à Bells Beach

Le surfeur Kolohe Andino à Bells Beach

L’entrée est à 8$, on m’attache un bracelet Rip Curl au poignet et c’est parti, je me dirige vers la fourmilière. Le haut parleur diffuse les voix des commentateurs, il y a deux écrans géants et plusieurs tribunes en hauteur. Chacun n’a qu’à choisir son point de vue, à condition bien sûr d’y trouver de la place. J’ai essayé les différents endroits, histoire de faire ma petite marche quotidienne et de découvrir tous les recoins du lieu. Finalement j’ai pris le petit chemin qui descendait vers la plage, pour voir les choses de plus près. La plage n’est pas grande et tout le monde s’y installe comme il peut. Ceux qui sont les plus près de l’eau se font régulièrement surprendre par des vagues qui montent un peu plus haut et c’est un spectacle assez amusant que de les voir se lever d’un coup, attraper ce qu’ils peuvent et s’éloigner de l’eau avant d’y tremper les orteils. Sans faire attention, je me suis postée juste à côté de l’endroit où les surfeurs passent pour aller à l’eau et en revenir. Bon choix (même si c’était un hasard), j’ai vu du beau monde ! Il y avait un peu de vent, histoire de faire oublier le soleil qui cognait quand même un peu. Mais les Australiens sont prévoyants et il y avait un petit bidon de crème solaire accessible à tous. Une belle petite attention du Cancer Council, dans un pays où le soleil fait des ravages ! Après plusieurs heures passées sur le site, il était malheureusement temps pour moi de rentrer, histoire de ne pas rater le dernier bus de la journée et d’arriver à bon port après cette belle journée !

A l’heure où j’écris, la compétition est terminée. La finale a eu lieu aujourd’hui et c’est l’Australien Mick Fanning, champion du monde 2013 qui l’a emporté chez les hommes. Du côté féminin, c’est l’Hawaïenne Carissa Moore qui a décroché la victoire.

 

Premiers pas à Melbourne

Melbourne, deuxième ville d’Australie et capitale de l’état du Victoria, m’accueille chaleureusement depuis une semaine déjà. C’est dans cette même ville que le voyage familial de 1996 avait également commencé. Je ne me souviens que vaguement de l’hôtel, mais je revois encore mon père nous montrer à mon frère et moi, joyeux petits marmots, que de ce côté-là de l’équateur, dans les lavabos, l’eau s’écoule dans l’autre sens. A cet âge-là, c’est fou comme on s’émerveille d’un rien !

Pour commencer mon séjour à Melbourne, je m’étais payé le luxe de rester deux nuits à l’hôtel avant de migrer vers une auberge de jeunesse, de peur d’être un peu perdue en arrivant et de me faire voler toutes mes affaires dès le premier soir. Se faire voler ses affaires, encore faudrait-il en avoir ! Ce n’était pas vraiment mon cas puisque rappelez-vous, mon bagage m’avait lâchement abandonnée lors de l’escale à Doha. La compagnie m’avait dit qu’il serait livré le lendemain, alors forcément, mercredi, toujours rien !  Ce n’est que le jeudi matin, en me réveillant à 8 heures que j’ai pu écouter le message vocal de la Qatar qui m’avait appelée une heure plus tôt. N’ayant pas réussi à me joindre, ils ont visiblement appelé l’hôtel, puisque le petit monsieur de la réception est venu frapper à ma porte, me trouvant dans mon superbe pyjama Qatar, les cheveux en révolution et les yeux encore bouffis. Tout est bien qui finit bien, la valise est arrivée juste avant que je ne quitte l’hôtel. Inutile de préciser qu’elle est arrivée cassée. Une sangle a été arrachée, ce qui a un peu déchiré le tissu du sac. J’espère que ça tiendra. Il faudra quand même que je prépare un petit mot doux pour la compagnie.

L’hôtel, j’aurais pu m’en passer. Certes, c’était bien pratique d’y trouver du savon  et des serviettes de bain, puisque je n’avais pas mes affaires, mais aller de l’aéroport à mon auberge de jeunesse avec les transports, c’est très simple, même en arrivant le soir. En revanche, ce qui l’était un peu moins, c’est de tirer mes 23 kilos de bagages de l’hôtel à la gare la plus proche, de faire la vingtaine de minutes de train qui me séparait du centre ville et de retirer mon fardeau pendant une vingtaine de minutes jusqu’à mon auberge, où il a fallu monter tout ça au deuxième étage pour pouvoir enfin s’installer, prendre une douche et mettre des habits propres. Heureusement, j’avais eu la journée de la veille pour repérer la route et commencer à découvrir Melbourne.

Comment vous décrire ce sourire niais qui ne m’a pas quittée lors de ma première journée dans cette ville ? J’étais tellement heureuse d’être là que tout, même les choses les plus insignifiantes, me paraissait parfait ! Tout d’abord, il y a ce sentiment d’accomplissement. J’y suis, enfin ! Ce petit truc dans ta tête qui te dit « bah ouais ma vieille, jouer à la caissière pendant sept mois pour financer ce projet, c’était loin d’être passionnant, pas toujours facile, mais ça a payé ».

Pour découvrir une ville pour la première fois, chacun a sa tactique. Certains ouvrent leur guide et le suivent à la lettre. Moi, je laisse le guide de côté, je choisis une direction au hasard et je marche. Longtemps, sans savoir où je vais, mes jambes font le travail et je laisse mes yeux et mes oreilles vagabonder partout. Je découvre les bruits de la ville : le signal sonore indiquant aux piétons quand traverser, le bruit de ferraille qui accompagne le passage du tram, la musique qui s’échappe des cafés le long de la Yarra River. Je m’amuse de voir les pigeons côtoyer les mouettes ainsi que du mélange architectural, où les grands buildings modernes et les gratte-ciel laissent soudain place à des édifices datant du XIXème siècle. J’ai dû marcher quatre ou cinq heures ce jour-là, avant de rentrer me coucher, décalage horaire oblige. A la fin de la journée, une certitude : cette ville est agréable et tout va pour le mieux au pays des Bisounours !

Derniers réglages : TFN et identity check

Une fois arrivé en Australie, il n’y a plus que quelques petits détails à régler pour pouvoir être débarrassé de toutes les corvées administratives et commencer à vivre pleinement son aventure. Après m’être procuré tout ce qui est téléphonie et internet, je suis passée dans une agence de la Westpac pour procéder à la vérification d’identité. C’est on ne peut plus rapide. Pas besoin de rendez-vous, je me suis pointée comme une fleur à la réception de l’agence avec mon numéro de compte, mon passeport et mon permis de conduire. Le petit monsieur a enregistré toutes les informations nécessaires, a pris l’adresse que je lui donnais pour y envoyer ma carte bleue, et c’en est fini. Enfin presque, puisqu’il m’a rappelée dans l’après-midi car il avait oublié de me faire signer un papier. Ce n’est qu’un simple détail, j’y retournerai dès que je peux.

 

Il faut ensuite demander son TFN (Tax File Number). En plus d’être obligatoire, ce numéro vous permet de faire votre déclaration de revenus, de ne pas être taxé à 50% sur votre salaire et, une fois rentré au pays de récupérer une certaine somme d’argent, qui correspond, si je ne me trompe pas, à ce que vous aurez cotisé pour votre retraite en Australie. La demande se fait en ligne et ne prend que quelques minutes. Inutile d’essayer de prendre de l’avance et de la faire avant de partir, elle n’aboutira pas puisqu’il faut être sur le sol australien pour la faire. Une fois faite, le numéro vous est envoyé par courrier dans les trois semaines, à l’adresse que vous aurez indiquée dans le formulaire. Vous pouvez commencer à travailler avant d’avoir reçu votre TFN, puisque vous avez 28 jours pour le communiquer à votre employeur. Il devrait donc être arrivé dans ce délai.

Une fois tout ça terminé, il n’y a plus qu’à !

Le téléphone en Australie

Chacun a ses priorités. Une des miennes en arrivant était de me procurer une carte sim australienne et de quoi pouvoir me connecter à internet à tout moment. Evidemment, c’est une façon de parler, car quand je serai au fin fond du bush, allez savoir ce qu’il en sera de la couverture réseau. Je ne suis pas très optimiste sur la question. Avoir un numéro australien me parait indispensable. Ça évite de dilapider son forfait français en deux sms et trois clics Facebook, pour commencer, mais c’est aussi et surtout pour pouvoir chercher du travail, une colocation, se renseigner sur un van à vendre, appeler sa banque, etc. En Australie, comme en France ou ailleurs, vous pouvez choisir entre différents opérateurs, différents forfaits ou systèmes de cartes prépayées.

TelstraIci (comprenez en Australie désormais), les trois opérateurs principaux sont Telstra, Optus et Vodaphone. Telstra, c’est un peu le vieux de la vieille de l’opérateur téléphonique, comme Orange chez nous. C’est l’opérateur qui a la plus grande couverture réseau, mais également les prix les plus élevés. Optus propose une couverture moins importante mais néanmoins très correcte, à des prix plus attractifs que ceux de Telstra. Vodafone, pour finir, sera parfait pour les plus petits budgets, mais vous l’aurez deviné, la couverture réseau est plus limitée. Tout dépend donc de ce que l’on recherche. Optus me semble être le choix le plus judicieux puisque les prix sont intéressants et que la couverture tient tout à fait la route.

Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais, c’est vers Telstra que je me suis tournée. Pour pouvoir tenir ce blog le mieux possible et également par peur de me retrouver en panne au milieu de nulle part, sans réseau pour pouvoir appeler de l’aide, j’ai opté pour la couverture la plus sûre. Mon porte-monnaie le regrettera peut-être par la suite, mais c’est fait. Le système de carte prépayée, que j’ai adopté , est le plus utilisé par les PVTistes (PVT = Programme Vacances Travail) qui veulent éviter tout engagement. Pour internet, j’ai acheté une clé 4G et l’affaire est réglée. Si vous logez dans des Auberges de jeunesse, vous pourrez avoir accès au wifi à des prix très corrects (4$ pour une journée où je suis actuellement), mais il ne faut pas être trop pressé, ça rame !

Le Jour-J

C’est le grand jour, le radio réveil se met en route. Après avoir passé une bonne partie de la nuit à faire ma valise, le sommeil n’a pas été très réparateur et mes yeux s’ouvrent comme ils peuvent . Puis je retrouve lentement l’usage de mon cerveau et là, on ne va pas se mentir, tu te poses quand même une question existentielle : mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? Partir seule au bout du monde sans trop savoir ce qui va nous arriver, si on va réussir à trouver du boulot, etc, ce n’est pas ce qu’il y a de plus confortable comme situation, donc forcément, on se pose des questions. Mais tout ça se dissipe très vite pour laisser place à l’excitation du départ et de toutes les aventures qui s’en suivront. Et elles ne tarderont pas !

Avion Paris-Doha

Le vol Paris-Doha se passe sans encombre, me donnant l’occasion de regarder deux navets et de constater que les repas dans les avions sont toujours aussi délicieux (n’y voyez là que de l’ironie). Puis vient l’escale, de nuit heureusement car le choc thermique se fait déjà bien sentir. Ça a été très rapide : un peu de bus, le passage de la sécurité, encore un peu de bus et me voilà déjà en train de prendre place auprès d’un jeune couple d’Italiens qui seront mes voisins pour les treize heures et quelques à venir. Pour eux aussi c’est le début d’une grande aventure, puisqu’ils se rendent à Melbourne avec un Visa étudiant dans le but de voir du pays et d’apprendre l’anglais. Treize heures de vol, c’est pénible, surtout quand l’aimable dame de devant baisse le dossier de son siège au maximum et ne le relève qu’au moment des repas, mais c’est le jeu et c’est pour la bonne cause. L’avion n’étant pas plein, j’avais repéré une place stratégique vers laquelle migrer après le décollage, histoire de pouvoir m’étaler autant que mes jambes et mes bras me le permettent, mais c’était trop optimiste de ma part. Evidemment, tout le monde a eu la même idée et toutes les places alléchantes avaient été prises d’assaut avant l’extinction du signal « attachez vos ceintures ».

Vers 21h15, heure locale, les lumières de Melbourne sont enfin apparues derrière les hublots, pour le plus grand bonheur des passagers. Enfin peut-être pas tous, car à voir les deux Italiens faire le signe de croix et fermer les yeux, j’en déduis qu’ils
ne sont pas très à l’aise avec l’atterrissage. Le pilote a fait son travail, ou alors les prières de mes voisins ont été entendues, allez savoir, mais quoiqu’il en soit, ça y est, je suis enfin sur le sol australien !

Il fallait bien quelque chose pour marquer le coup ! Me voilà donc devant les tapis à regarder défiler les bagages des uns et des autres. Ma valise arrive toujours la dernière, depuis la nuit des temps, ça ne rate jamais ! je m’arme donc de patience, de toutes façons je ne suis plus à une heure près. Mais plus j’attends… Plus j’attends. Je connais par coeur l’ordre des quelques valises de retardataires qui tournent en rond depuis déjà une demi-heure et une chose est sûre : la mienne n’y est pas. Une annonce est alors faite dans l’aéroport et oui, c’est bien mon nom qui a été appelé avec ce doux accent. Je me suis donc rendue au comptoir où on m’a expliqué que mon sac n’avait pas pris le vol et qu’il avait décidé de visiter un peu l’aéroport de Doha. L’escale a été si rapide qu’il n’a pas eu le temps de suivre. Tout ça me rappelle que j’ai définitivement une vraie poisse. Les deux Français qui ont pris les deux vols depuis Paris ont, eux, récupéré leurs bagages sans aucun problème. Depuis le temps que je prends l’avion, il fallait bien que ça m’arrive un jour, alors forcément, pourquoi pas là, pour bien commencer ? Bon, ce coup du sort m’a plutôt fait rire et me voilà arrivée à l’hôtel, avec 50$ de compensation et un pyjama douillet de la Qatar, pour me faire patienter jusqu’à la livraison de mon sac demain.

And so it begins !

 

Avant le départ


Si comme moi, vous êtes désormais l’heureux détenteur d’un WHV, à la vôtre, pour commencer ! Une fois le Visa fêté comme il se doit avec la famille et les copains, il faut commencer à préparer le départ. Et qui dit départ, dit vol. Le mieux pour les économies, c’est de prendre un aller-retour avec des dates flexibles. Les prix et les conditions dépendent évidement de la compagnie aérienne et du moment où vous partez. Ce n’est pas que je ne fais pas attention à mon porte-monnaie, mais j’ai préféré prendre un aller-simple. Après tout, on ne sait jamais, je serai peut-être rentrée au bout de deux mois, mais si jamais je voulais rester et que mon visa est renouvelé, je serai contente de ne pas avoir pris de billet retour. Je suis passée par l’agence e-australie et je pense avoir fait une bonne affaire puisque le billet m’a couté 606€ (comprenant 15€ d’assurance annulation). Ce sera donc la Qatar Airways direction Melbourne, avec une courte escale d’une heure et demie à Doha.

Avant le départ

Le site Australia-Australie m’a beaucoup aidée dans la préparation du voyage. Vous y trouverez toutes les réponses aux questions que vous vous posez, et même à celles que vous n’avez pas encore pensé à vous poser. Bref, vous l’aurez compris, c’est très complet. Pour ceux qui veulent déjà se mettre dans l’ambiance, vous pouvez vous rendre aux G’day Sundays, des réunions d’informations organisées tous les trois mois au Café Oz de Châtelet. Pour ça, il suffit de s’inscrire sur le site et de vous y rendre pour un bon moment de partage. Ne manquez surtout pas le tirage au sort avec de beaux lots à la clé : le billet d’avion offert, on ne crache pas dessus ! Encore faut-il être sacrément chanceux, ce qui n’est pas mon cas.

Il faut penser à résilier tous les contrats en cours : téléphone, internet, etc. Si vous comptez amener votre téléphone là-bas pour y mettre une carte sim australienne, pensez bien à le désimlocker avant de partir. Vous pouvez aussi suspendre votre ligne, si vous ne souhaitez pas la résilier, mais sachez que certains opérateurs limitent le temps de suspension à six mois par an par exemple. Pensez aussi à faire une procuration à la Poste pour permettre à un parent ou un ami de récupérer votre courrier pendant votre absence. Ça peut toujours servir.

Un autre point important, c’est l’assurance ! Il faut être fou (ou inconscient) pour s’engager dans une telle aventure sans couvrir ses arrières. Certains en ont fait les frais. Il y a pas mal de contrats pensés spécialement pour les détenteurs du WHV, à des prix tout à fait abordables. Des noms tels qu’ASFE, April International ou encore Travel Zen reviennent souvent sur internet. A vous de trouver  l’assurance qui vous convient le mieux ! Et puisqu’il vaut mieux prévenir que guérir, vous pouvez aussi aller faire un petit check-up chez le médecin, le dentiste et toute la compagnie avant de partir. Si vous suivez des traitements, soyez prévoyants et emmener des réserves. Les pharmacies ne délivrent normalement des médicaments que pour une durée de six mois maximum. Au-delà de ça, il faut demander une dérogation auprès de le Sécurité Sociale et vue l’impressionnante lenteur de tous les services administratifs français, mieux vaut s’y prendre en avance. Mesdemoiselles, à priori, pour la pilule, si votre gynécologue précise bien sur l’ordonnance que vous partez un an à l’étranger, le pharmacien devrait vous délivrer tout ce qu’il vous faut. Renseignez-vous quand même avant de partir.

Pour prendre un peu d’avance, vous pouvez ouvrir un compte en banque en ligne, avant de partir. J’ai choisi la Westpac. Il suffit de remplir un court questionnaire. Vous recevrez ensuite un mail qui vous informe de la réception de votre dossier, et celui de confirmation de l’ouverture du compte arrivera dans les deux jours qui suivent. En arrivant, vous n’aurez plus qu’à vous présenter dans une agence avec deux pièces d’identité pour que tout soit réglé.

Si vous avez votre permis et que vous prévoyez de prendre la route en Australie, n’oubliez pas de faire faire votre permis international. Pour cela, il faut vous rendre avec la lus grande patience dans votre préfecture. Le permis international ne remplace en aucun cas votre permis national, il n’en est qu’une traduction. Il faudra emporter les deux documents avec vous.

Une fois tout ces détails réglés, il ne vous reste plus qu’à partir !

Le Working Holiday Visa

Le premier pas à franchir, c’est de prendre une décision. Même si l’Australie vous titille, quitter une situation confortable pour aller vers l’inconnu sans trop de garanties, ça n’a jamais rassuré personne. Mais c’est ça qui est excitant, en plus de savoir que c’est un beau pays plein de ressources qui vous attend ! En ce qui me concerne, la décision n’a pas été trop longue à prendre. Je voulais retourner en Australie depuis longtemps, j’avais envisagé d’y finir mes études avant de trouver mon Master en France. Alors après un an à chercher en vain du travail, après avoir mis mon cheval à la retraite (oui, c’est un détail qui a son importance), j’étais sans attache et fin prête à m’envoler vers de nouveaux horizons.

drapeau australienLa demande du WHV se fait en ligne, en anglais, sur le site du gouvernement australien. C’est assez simple et vous êtes à priori presque sûr de l’obtenir. Il faut cependant répondre à certaines conditions comme avoir un passeport en cours de validité, avoir entre 18 et 30 ans au moment de la demande, être en dehors de l’Australie et avoir 5000 dollars australiens sur votre compte en banque pour pouvoir couvrir les frais du séjour, du moins pour le début. C’est dans votre intérêt, mais c’est aussi que le gouvernement australien aimerait éviter de voir sur ses trottoirs des mendiants venus de l’autre bout de la planète. Evidement, vous devez aussi être originaire d’un des pays partenaires et avoir un casier judiciaire blanc comme neige ! Le coût du visa est de 420$ et vous ne serez pas remboursés en cas de refus.

Lors de votre demande, vous devrez donner des informations basiques tels que vos nom, prénom, adresse, date de naissance, etc. Vous devrez aussi répondre à un questionnaire santé. Dans de rares cas, des examens complémentaires sont demandés. On vous demandera aussi votre date d’arrivée en Australie et le type de jobs que vous comptez faire. Ce sont des questions à titre purement indicatif alors pas de panique si vous ne savez pas encore. Mettez une date au hasard vers la période où vous souhaitez arriver. Si vous ne débarquez pas ce jour-là, il ne vous arrivera rien.

Une fois votre demande faite, vous recevrez un e-mail accusant de la réception de votre dossier et vous pourrez ensuite suivre l’avancée de votre dossier sur internet. Pour certains ça peut ne prendre que quelques heures et pour d’autres ça peut durer jusqu’à trois semaines. A chacun sa chance ! Dans mon cas, la demande a été faite un samedi et le Saint Graal a été validé le vendredi suivant. Vous recevrez là aussi un e-mail vous informant que vous pouvez sortir la bouteille de champagne du frigo et fêter ça. Enfin, chacun interprète le message comme il le veut…

Le WHV n’existe pas qu’en Australie. La Nouvelle-Zélande, le Japon, le Canada, Singapour, la Corée du Sud, Hong-Kong et l’Argentine s’offrent aussi à vous. Il y en a pour tous les goûts. Sachez néanmoins qu’il est plus facile d’obtenir un Visa pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande que pour le Canada par exemple, où des quotas limitent le nombre de chanceux.

Le WHV peut aussi être renouvelé une fois, pour ceux qui dépriment à l’idée de rentrer chez eux. Il y a cependant certaines conditions à respecter, mais pour le moment, on n’en est pas là.